Gestuels
Etude des gestuels (en auditoire)
1) TÊTE-À-TÊTE
Contexte : déjeuner d'affaires, recrutement, dîner d'amoureux.
Enjeu : séduire.
Handicap : chacun est une île. Placez-vous à 45 degrés de votre interlocuteur, autour d'un coin de table (complicité) et non face à lui (confrontation). Celui qui est "à côté" est inconsciemment perçu comme étant "du côté de". Plus votre buste est avancé, plus vous resserrez la sphère d'intimité et montrez votre implication. Pas trop non plus ! Ne "mangez" pas son espace vital (sauf contexte amoureux), ne posez pas vos coudes sur la table ni d'objets personnels (intrusion). Soyez vive, mobile, le regard intense (sans fixité, sinon vous le défiez). Attention à ses baisses d'attention, à la "défection silencieuse" (fait semblant d'écouter, mais ne participe pas)
2) DISCUSSION À TROIS
Contexte : négociation de groupe (deux clients, deux recruteurs, deux collaborateurs...).
Enjeu : prendre le leadership.
Handicap : deux contre un.
Asseyez-vous face à l'un, mais à côté de l'autre (pas les deux de front). Montrez des signes d'assurance : callez-vous bien, buste droit, mains sur la table, pieds ni pliés, ni crois Adressez-vous en priorité à la personne la plus important mais veillez à faire participer l'autre pour le valoriser (ne dites pas trop "je" mais "nous" pour les impliquer). Montez la voix pour communiquer votre détermination, mais baissez le volume quand vous voulez rassurer. Attention au visage figé (sourire tout le temps montre la gêne). Ne laissez pas vos interlocuteurs s'enfermer dans un silence observateur, potentiellement hostile.
3) RÉUNION
Contexte : brainstorming, table ronde, dîner en ville...
Enjeu : se faire remarquer.
Handicap : la concurrence (tout le monde veut en placer une).
Placez-vous face aux gens les plus intéressants (et non à côté), évitez les bouts de table (ou les seconds rangs). Vous devez avoir un maximum de participants dans votre champ de vision. Lancez les discussions, soyez une force de proposition (pas juste celle qui glousse ou critique). Quand vous parlez, faites courir votre regard sur plusieurs personnes (pas juste une, comme les timides). Articulez bien, le visage devient alors beaucoup plus expressif. Éviter absolument les polémiques (même si on vous prend à partie), "l'énervé" a toujours tort !
4) EXPOSÉ
Contexte : brief d'équipe, présentation clients, jury, casting...
Enjeu : vendre et se vendre.
Handicap : seule contre tous.
Avant de commencer, regardez le groupe en silence, d'abord les visages "amis", puis chaque participant (fixez toujours les gens bien dans les yeux au cours de votre allocution, jamais de regard perdu). Soulignez vos propos avec des gestes simples, mains ouvertes, tournées vers l'auditoire. Si vous avez des visuels à présenter, placez-vous le plus près possible de l'écran sur un côté, et restez tourné face au groupe. Évitez les phrases longues et/au alambiquées, ne délayez pas : une phrase, une idée.
5) DISCOURS
Contexte : conférence, colloque, meeting, one-man show...
Enjeu : faire adhérer une foule anonyme et disparate.
Handicap : trac de l'orateur.
Le risque : l'absence totale de réaction de l'auditoire ou, à l'opposé, un chahut monstre (cf. Assemblée nationale). Soyez "béton" sur ce que vous avez à dire (notes lues et relues). Prévoyez une ou deux "jokes" pour relancer l'attention. Habillez-vous plutôt sobrement pour concentrer l'attention sur votre visage et vos propos (et éviter d'éventuelles railleries). Face au public, ne vous balancez pas d'avant en arrière, ne croisez pas les mains sur votre bas-ventre (geste archaïque de protection devant un "dominant"). Adoptez une posture détendue : tête levée, pieds en V, bras légèrement écartés pour établir un contact corporel global. Portez un regard circulaire sur l'auditoire (n'oubliez pas ceux qui sont sur les côtés).

Référence: "ISA": Octobre 2005