La Fusion froide
Transmutation, à température ambiante
Selon Eugène Canseliet, la Science d’Hermes permettait à quiconque ayant atteint un certain stade de pouvoir fabriquer une petite bombe atomique dans sa cuisine !... Cette afirmation qui pouvait passer pour grotesque ne prête plus à rire car il semblerait que l’Alchimie ait bien réussi hier et aujourd’hui à créer les conditions favorables pour qu’à de basses températures des transmutations puissent s’établir et ce sans le recours de puissants accélérateurs ...
L’alchimiste travaille à feux doux, c’est-à-dire aux températures ambiantes. A partir de là il prétend pouvoir transmuter la matière et l’amener d’un état n à n+1. Comment celà est-il possible ? Comment transmuter l’hydrogène en hélium (ce que fait une étoile) , le titane en aluminium, le plomb en or ? Ce pari impossible jusqu’àlors - sauf des alchimistes - la science moderne le reprend à son compte sous le nom de fusion froide.
Un peu partout dans le monde, dans des laboratoires italiens, français, américains, japonais ou russes, des chercheurs affirment transmuter la matière à température ambiante. Avec une pincée d’énergie, ils transforment allégrement la nature des éléments chimiques : l’hydrogène devient hélium, le titane mue en aluminium... et le plomb se change en or ! Auraient-ils découvert la pierre philosophale, objet d’une fantastique quête ésotérique depuis des millénaire ? Qu’on ne se méprenne pas : il n’y a rien d’occulte dans ces recherches. Et si la centaine de chimistes et physiciens qui travaillent sur ce domaine le font souvent en marge de leurs travaux officiels, ce n’est pas pour s’inscrire dans la grande tradition du secret des alchimistes des temps anciens, mais par nécessité : leurs études ne sont pas facilement publiées dans les revues internationales "officielles", dotées d’un comité de physiciens indépendants aptes à en évaluer la solidité scientifique. Les plus prestigieuses, Nature et Science, n’acceptant pas une ligne sur la question...
Ces revues ont en effet été échaudées par... la "fusion froide", cette fameuse expérience qui, présentée en 1989 par Stanley Pons et Martin Fleischmann, a suscité une des plus grandes polémiques scientifiques de la fin du XXème siècle. Les deux physiciens américain et anglais affirmaient pouvoir transformer de l’hydrogène en hélium dans une éprouvette avec, en prime, un dégagement de chaleur propre à en faire une source d’énergie quasiment inépuisable... Après un engouement mémorable, cette première présentation publique de transmutation à basse énergie fut violemment rejetée par les physiciens. Et pour cause : la transmutation à basse température est une quasi-hérésie pour un physicien nucléaire !
Pour comprendre, il faut se pencher sur la nature des éléments chimiques, soigneusement recensés par le fameux tableau de Mendeleïev établi par le chimiste russe en 1869 et complété depuis. Chaque atome y est classé suivant le nombre de protons que contient son novau, qui définit la nature de l’élément chimique (par exemple : 1 proton pour l’hydrogène, 2 pour l’hélium, 6 pour le carbone... ), le nombre de neutrons définissant, lui, les différents isotopes (comme le deutérium, isotope de l’hydrogène, qui possède un neutron en plus du proton. Ainsi, lorsqu’un noyau atomique gagne (ou perd) un ou plusieurs protons, il change de nature et voyage de case en case à travers le tableau des éléments de Mendeleïev. C’est ce que l’on appelle une transmutation.
Mais ces réactions nucléaires ne se font pas en réalité aussi simplement que sur le papier. Car si la charge électromagnétique du neutron est nulle, la charge du proton, elle, est positive ; deux protons ont donc toujours naturellement tendance à se repousser lorsqu’on les rapproche. Cependant, lorsqu’ils sont suffisamment proches, ils ne se repoussent plus : toute la difficulté des transmutations consiste à franchir cette barrière énergétique (dite "barrière coulombienne") qui se dresse entre la répulsion électromagnétique et l’attraction nucléaire.
Cette barrière coulombienne forme autour du novau atomique un véritable cratère dont les flancs escarpés marquent la frontière entre deux mondes. Le monde nucléaire d’une part, à l’intérieur du cratère, tout au fond du puits, où s’agite un magma de protons et de neutrons, et le monde électromagnétique d’autre part, à l’extérieur du cratère, rovatime des molécules et des réaction s chimiques. Et il faut énormément d’énergie pour passer d’un monde à l’autre, de même qu’il en faut énormément pour gravir les flancs d’un volcan...
Pour faire une fusion nucléaire, c’està-dire fondre deux noyaux en un seul, les physiciens utilisent par exemple des accélérateurs de particules, qui gênérent des chocs très violents entre des noyaux dans le vide ou, plus souvent, recourent à de très hautes températures, l’agitation des noyaux devenant si violente qu’ils arrivent alors à se percuter. C’est ce qui se passe dans le soleil ou dans les réacteurs expérimentaux chauffés à plusieurs centaines de millions de degrés. Pour ce qui est de la fission nucléaire, qui casse un novau en plusieurs, on utilise rien de moins... qu’une centrale nucléaire : dans son cœur, des novaux lourds (de l’uranium) sont bombardés de neutrons qui parviennent à briser le noyau. Dans tous les cas, telles des éruptions volcaniques, ces transmutations nécessitent une considérable débauche d’énergie. D’où le problème : comment des réactions chimiques du monde électromagnétique pourraient-elles être assez puissantes pour provoquer des réactions nucléaires ?
Comment croire qu’il soit possible de jongler avec les protons dans mie simple éprouvette à température ambiante ? Comment ne pas y voir les conséquences de biais expérimentaux passés inaperçus !
Des chercheurs, souvent issus des plus prestigieuses institutions, ont patiemment perfectionné leurs expériences de réactions nucléaires à basse température. Leur but ? En produire une indubitable. Mettre au point un dispositif qui démontrerait sans biais possible l’existence de ces transmutations qui ferait enfin entrer dans le champ scientifique cette discipline si controversée, et qui offrirait aux physiciens un contrôle de la matière et une maitrise de l’énergie nucléaire inespérés...
Source: Science et Vie No 1040 / Mai 2004 ; et internet
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